Roland-Garros, c'est ce complexe de tennis niché dans le 16e arrondissement de Paris, aux portes d'Auteuil, qui accueille les Internationaux de France depuis 1928. La dernière décennie a été celle de la plus grande transformation de son histoire : le court central s'est doté d'un toit rétractable, un court unique en son genre a vu le jour dans les serres d'Auteuil, et l'ensemble du site est passé d'un « village » à l'étroit à un campus sportif moderne.

Qu'est-ce que le stade Roland-Garros
Le complexe porte le nom de l'aviateur français Roland Garros — héros de la Première Guerre mondiale et premier pilote à avoir traversé la Méditerranée. Le stade a été construit en 1928 spécialement pour un match de Coupe Davis opposant la France aux États-Unis. Son propriétaire est alors devenu la Ville de Paris, et son locataire — la Fédération Française de Tennis (FFT), qui gère toujours le site aujourd'hui.
Aujourd'hui, ce n'est pas une arène unique, mais tout un quartier : trois courts principaux totalisant plus de 30 000 places, une quinzaine de courts annexes, un musée du tennis, une zone de restauration, un centre de presse et des espaces techniques pour les équipes. L'ensemble tourne à plein régime deux semaines par an et reste vivant le reste de la saison grâce aux visites guidées et aux stages d'entraînement. Se promener entre les courts est d'ailleurs un rituel parisien à part entière — beaucoup prennent un billet « pelouse » (grounds pass) rien que pour cela, sans intérêt particulier pour un match précis.
Les trois courts principaux : Chatrier, Lenglen et Mathieu
La charge sportive du tournoi repose sur trois arènes de prestige. Chacune avec son caractère, son histoire et ses spécificités techniques.
Le court Philippe-Chatrier — l'arène centrale
Le court principal du stade porte le nom de Philippe Chatrier, longtemps président de la FFT, qui a fait réintégrer le tennis au programme des Jeux olympiques en 1988. Avant 2001, l'arène s'appelait simplement le « Court Central ». Après la rénovation de 2018-2019, le Chatrier a été pratiquement reconstruit à neuf : 80 % des structures anciennes ont été démolies, les tribunes remontées à partir de zéro. Sa capacité — environ 15 000 spectateurs. Depuis 2020, le court est équipé d'un toit rétractable composé de 11 « ailes » mobiles pesant chacune 320 tonnes. Sa fermeture complète prend une quinzaine de minutes — la pluie et la canicule ne perturbent plus le programme des finales.
Les quatre tribunes portent les noms des « quatre mousquetaires » du tennis français des années 1920-1930 — Borotra, Lacoste, Cochet et Brugnon. La tribune ouest (Borotra) passe à l'ombre en premier dans l'après-midi, la tribune est (Cochet) attrape le soleil du matin ; les loges et la catégorie Gold se trouvent aux niveaux inférieurs près du filet, les catégories 2 et 3 — plus haut. Cette configuration permet de choisir sa place selon la météo : fin mai, le soleil parisien tape fort à midi.
Le court Suzanne-Lenglen — la deuxième arène
Le Lenglen a été construit en 1994 sous le nom de « Court A », puis rebaptisé en l'honneur de la Française légendaire, six fois championne de Roland-Garros dans les années 1920. Capacité : 10 068 places. Il accueille les matchs des têtes de série jusqu'aux quarts de finale inclus, et en soirée il prend souvent en charge les grandes rencontres féminines. Pour l'édition 2024, un toit rétractable a été achevé au-dessus du Lenglen — ce qui a soulagé le Chatrier les jours de pluie. Le rafraîchissement se voit aussi à l'intérieur : les vieux sièges en plastique ont été remplacés par des sièges en bois de hêtre des Vosges gravés du logo RG — ils résistent à toutes les intempéries et redonnent au court son allure d'origine.
Le court Simonne-Mathieu — le tennis dans les serres
L'arène la plus atypique du complexe a ouvert ses portes en 2019 dans les serres du jardin d'Auteuil. Elle porte le nom de Simonne Mathieu — double championne de Roland-Garros dans les années 1930 et résistante française. Le court est semi-enterré et entouré de quatre serres vitrées abritant plus de mille espèces végétales des quatre continents — Afrique, Asie, Amérique du Sud et Australie. Capacité : environ 5 000 spectateurs. Le Simonne-Mathieu a remplacé l'ancien court n°1, le célèbre « Bullring » (« arène des taureaux »), démoli dans le cadre du projet de modernisation. En dehors du tournoi, les serres restent ouvertes au public toute l'année.

Voici un récapitulatif des principales caractéristiques des trois arènes du complexe :
| Court | Année d'ouverture | Capacité | Toit rétractable |
|---|---|---|---|
| Philippe-Chatrier | 1928 (rénovation 2019) | ≈ 15 000 | Depuis 2020 |
| Suzanne-Lenglen | 1994 | 10 068 | Depuis 2024 |
| Simonne-Mathieu | 2019 | ≈ 5 000 | Non (structure semi-ouverte) |
Au total, les trois arènes principales offrent un peu plus de 30 000 places — avec les courts annexes, Roland-Garros peut accueillir jusqu'à 40 000 spectateurs par jour de tournoi.
Ce qu'a apporté la rénovation du stade
Le projet « Nouveau Roland-Garros » a été lancé au milieu des années 2010 et a, dans les faits, reconstruit l'ensemble du complexe. Les principaux changements concernent cinq axes :
- Deux toits au lieu de zéro. Jusqu'en 2020, Roland-Garros était le seul tournoi du Grand Chelem sans court couvert. Ils sont désormais deux — le Chatrier et le Lenglen — et le tournoi ne dépend plus de la météo parisienne.
- Le nouvel espace Fonds des Princes. À la place des anciens clubs de tennis, une zone de compétition moderne a vu le jour, avec plusieurs nouveaux courts annexes et des salles pour les joueurs.
- L'extension du site. Le stade a dépassé ses limites historiques pour s'étendre sur une partie du jardin d'Auteuil — tout en préservant le patrimoine botanique et en l'intégrant à l'architecture du Simonne-Mathieu.
- Une démarche éco-responsable. Tous les chantiers ont fonctionné selon les normes de tri des déchets, une partie des matériaux des anciennes tribunes a été recyclée.
- Plus d'espace pour les spectateurs. La capacité d'accueil du stade a augmenté, les allées, les cafés et les fan zones se sont élargis — les jours de tournoi, la pression aux entrées des courts a nettement diminué.
Tous ces travaux ont été menés sans délocaliser le tournoi : la FFT a organisé la rénovation par étapes, en calant les chantiers sur les mois d'intersaison. C'est pour cela que le projet s'est étalé sur près de dix ans, mais sans casser la continuité historique de Roland-Garros.
Les courts annexes et le billet pelouse
En plus des trois arènes principales, le site accueille les courts n°2 à 18 — des terrains en plein air où se jouent les premiers tours pendant la première semaine du tournoi, et où les joueurs s'entraînent entre les tournois. L'accès se fait avec un billet « pelouse » (grounds pass) — la formule la plus abordable pour venir à Roland-Garros. Aucune catégorie sur les courts annexes, aucune place réservée, mais c'est là qu'on approche traditionnellement les stars au plus près : dans l'après-midi, on peut se retrouver à un mètre d'un joueur du top 20, et le billet coûte deux fois moins cher qu'une place sur le Chatrier.
Roland-Garros après sa mue
Après dix ans de rénovation, le stade Roland-Garros s'est mué en l'un des complexes de tennis les plus modernes au monde, sans perdre son caractère parisien pour autant. Les toits du Chatrier et du Lenglen ont résolu le principal problème du tournoi, et le court Simonne-Mathieu au milieu des serres est devenu la nouvelle carte de visite du site. Pour les spectateurs, cela signifie plus de confort, un programme stable et beaucoup plus d'espace — et pour la FFT, la possibilité d'accueillir le tournoi au plus haut niveau européen pendant encore plusieurs décennies.
